Le Père Alphonse BAUMANN n’est plus

Le Père Alphonse BAUMANN, originaire de la Province de France, qui a été missionnaire pendant 33 ans à Madagascar, est entré dans la paix de Dieu, dimanche 12 février 2023, à l’âge de 89 ans. Le Père Baumann est connu comme fondateur de la Paroisse Victoire RASOAMANARIVO à Diego. Ses obsèques ont été célébrées le vendredi 17 février, à 14h 30, en l’église paroissiale de Wolxheim.

Cette article a pour but de rassembler tous les témognages réçus pour ses obsèques et en signe de reconnaissance pour ses années passées à Madagascar

Le Père Baumann (à gauche) et le feu Mgr Albert Tsiahaona (à droite) en compagnie de quelques jeunes

Avec ses belles missions qu’il avait réalisées à Madagascar, en particulier à Antalaha et à Diégo (Victoire ), son âme mérite d’être en paix pour toujours auprès  de son Dieu qu’il a aimé durant toute sa vie. Avoir 90 ans, est déjà un exploit. Merci Seigneur.

P. Frezy TAM-TSI, CSSp

Je suis content qu’Alphonse, mon cousin, soit arrivé dans notre maison au sommet de son Calvaire. Hier après la messe il a bien vécu avec nous le sacrement des malades. Les Sœurs se sont bien occupées de lui et ce matin aux environs de 8h il est parti rejoindre ses ancêtres de la famille, de ses anciennes missions, de la congrégation !

P. Jean-Paul OTT, CSSp

Hier j’avais une messe à 15 h et j’ai dit cette pour le repos de l’âme du père Baumann qui était un grand mission chez moi à Antalaha.  C’était en le  voyant à Antalaha qui m’a fait naître en moi la vocation de vouloir se faire spiritain.  Merci Alphonse pour ton témoignage d’amour pour l’église et le peuple de Dieu.  Merci également pour tout le travail que tu as accompli à  Antalaha et aussi à  Victoire Rasoamanarivo. Je me rappelle encore Alphonse qui prenait chaque matin sa moto en quittant le Foyer Brottier pour aller dire la messe.  Rentre dans le repos éternel Alphonse que Dieu t’accueille dans sa maisons. 

P. Adrien MOSESY, CSSp

Que de souvenirs : Il était toujours accompagné par mon père pendant ses tournées dans l’inspection d’Andempona où mon père était inspecteur de la région et en même temps maire de la commune rurale d’Ambinanifaho. Je n’oublierai pas l’année scolaire vécue avec lui dans la mission catholique d’antalaha avant mon départ pour le Foyer Brottier. C’est à Antalaha qu’il m’a demandé de travailler avec Sœur Patricia pour le service des lépreux des villages de Maevadoune et de Antsahan’i Majy Ambodikakazo. Ma dernière rencontre a été à Wolxheim en 2019. Reposes en paix, Père Alphonse.

F. Théodore PIERRE, CSSp

Je suis vraiment touché profondément avec ce départ. J’ai un grand et un bon souvenir du Père Alphonse Baumann. Que son âme repose en paix.

P. Seraphin JAOMILA, CSSp

Ah voilà que notre frère Alphonse Baumann est parti à son tour vers le Père. Un grand témoin à Madagascar comme en France, présence toujours souriante et rayonnante, vivant dans un même mouvement du cœur la proximité et la confiance. À Saverne, après tant d’années données à Madagascar Alphonse a su s’investir, avec quelques autres confrères, au lancement de la boutique Artisans du monde, convaincu par avance de ce qui a magnifiquement été déployé en Laudato Si et Fratelli Tutti. Un beau sourire de plus près du Père.

P. Vincent CHOPART, CSSp

Je n’ai jamais rencontré le Père Alphonse, mais j’ai toujours entendu parler de lui, surtout comme fondateur de la Paroisse Victoire Rasoamanarivo. Je partage cette peine avec la province de France. Nous avons perdu un grand missionnaire de Madagascar.

P. Nantenaina Fifaliana NAMBININJANHARY, CSSp

Je n’ai pas eu la chance de vivre avec lui mais en été 2009, il m’a fait découvrir la communauté de Wolxheim en m’y conduisant de Saverne. C’était dans la découverte des communautés spiritaines en France. Que le Seigneur lui donne la vie en plénitude.

P. Simplis LAKSHI, CSSp

Le Père Baumann a passé une vie bien épanouie et a laissé un grand amour pour le peuple malagasy. Merci à Dieu pour le don de la vie offerte pour le peuple malgache. Que son âme repose en paix

P. Rodin Noëlson RABOTOVAO A. CSSp

Ce départ d’Alphonse nous touche beaucoup. J’ai été proche de lui pendant les 11 années de collaboration à Morafeno, quartier sud de Diégo-Suarez, qui ont été des années de fondation : fondation de la paroisse Victoire Rasoamanarivo et fondation du Foyer Brottier. Alphonse a su me partager son élan et son dynamisme missionnaire.  Un bel exemple de vie spiritaine et je remercie Dieu et la Congrégation de m’avoir permis de collaborer avec Alphonse pendant tant d’années et pour la Gloire de Dieu.

P. Jean Claude JAQUARD, CSSp

Je suis à Accra pour la réunion de Sceam.  C’est par hasard en écoutant Radio Fagniry ce matin que j’ai su que le Père Baumann nous a quittés pour la mission du ciel. Que la Miséricorde de Dieu l’accueille et qu’il prie aussi pour nous qui sommes encore en pèlerinage. Je n’ai jamais connu le P Alphone mais j’ai su que c’est lui qui a construit la belle église de Bienheureuse Victoire Rasoamanarivo. Je n’ai pas hésité à lui écrire pour lui demander de nous aider pour la réhabilitation. Quelle était ma belle surprise ? Il a donné tout son héritage !!!! Tout cela pour vous dire son amour pour cette mission au nord de l’île… Ma prière et mon souhait est qu’il “hérite” le ciel car il le “mérite” bien. Que la Miséricorde de Dieu l’accueille. Je te prie de transmettre à toute la communauté et à sa famille mes condoléances accompagnées de mes prières avec Marie Mère de Dieu, avec St Joseph et avec Bx Lucien Botovasoa.

Mgr Benjamin Marc RAMAROSON, c.m, archévêque d’Antsiranana
Le Père Baumann lors d’une classe de chant avec les futurs missionnaires spiritains au Foyer Brottier

Voici le témoignage du P. Jean Paul Ott lors de la célébration eucharistique de son enterrement :

La vie de mon cousin Alphonse Baumann

Alphonse est né à Ranspach-le-Bas en 1933. Pendant la guerre, sa famille est déportée dans les Landes avec les compatriotes alsaciens. Nos grands-parents sont morts là-bas.

Oui, j’ai été fier de mon cousin Alphonse plus âgé de 6 ans par son option missionnaire pour laquelle il avait opté dans sa vie. D’ailleurs, je signale que cinq missionnaires de sa famille y sont certainement pour quelque chose. Il y a d’abord un grand-oncle bénédictin qui a été en mission en Tanzanie. Une grande tante était chez les sœurs de Cluny et travaillait comme éducatrice en Normandie. Mais le plus connu était certainement l’oncle Alphonse Baumann sénior mort tragiquement au Sénégal. Nous étions toujours pleins d’admiration devant ses photos qu’il nous ramenait. Sa sœur également chez les sœurs de Cluny était presque sa voisine dans le pays sérère. Le père Jean-Baptiste Gless a d’ailleurs vécu avec lui un certain temps. Quand cet oncle ou cette tante venait en congé, c’était la fête pour nous les enfants et nous rêvions déjà d’ailleurs. L’ainée de la fratrie des onze enfants était également partie en mission avec les sœurs de Cluny à Madagascar à l’âge de vingt ans. Bien qu’elle y décède très jeune, ses neveux lui empruntèrent vite les pas. C’est dans cet esprit qu’Alphonse fit tout son parcours de formation chez les spiritains.

J’étais à Mortain quand j’ai pu exceptionnellement assister à l’ordination diaconale de mon cousin à Chevilly-Larue. Et c’est en 1962 qu’il partira alors comme prêtre à Madagascar. Il connaissait bien ce pays, car il y avait déjà été comme militaire et en avait profité pour y visiter aussi notre tante.

Sa vie de religieux missionnaire commença donc à Andapa par un stage de langue qu’il compléta à Vohémar sur la côte Nord-Est. Lors de ma coopération à Madagascar, pendant mon temps de service militaire, j’en ai profité pour le visiter à Fénérive Est où il a passé sa première insertion missionnaire. Après son congé, il se rendit à Sirama, une cité usine qui produisait du sucre et du rhum. C’est là qu’il travailla au plus près avec les ouvriers sans pour autant négliger de visiter les chrétiens dans les villages de brousse. En l’année 1973, il fut envoyé en France comme responsable de la communauté spiritaine de Neugrange.

En 1977, il put enfin revenir à Madagascar pour encore deux séjours. Et ce fut d’abord à Antalaha sur la côte Est de l’île où il construisit un beau village avec des maisons en dur pour les personnes atteintes par la lèpre. À cet endroit, je repasse volontiers le message d’un frère spiritain malgache, Théodore, qui a travaillé au Pakistan comme infirmier. Il est actuellement à Mampikony et est bien connu par notre confrère Henri Sutter. Au sujet d’Alphonse, il dit la chose suivante : « J’ai un très bon souvenir du père Baumann, c’était un homme qui aimait détendre l’atmosphère et avait toujours un mot pour rire. Il était toujours accompagné par mon père catéchiste durant ses tournées de brousse. J’ai vécu une année avec lui en paroisse avant d’aller au foyer Brothier. Il impressionnait pas mal de gens quand il se déplaçait avec sa « camino » rouge, sa fameuse moto. »

Après Antalaha, Alphonse nous a rejoints à Diégo au nord de l’île, où il vécut aussi au foyer Brothier. Il était chargé de créer la nouvelle paroisse de Victoire Rasoamanarivo, une princesse reconnue comme bienheureuse par l’Eglise. Quelques mois, après avoir terminé la construction d’une belle église octogonale, il a été rappelé en France pour devenir d’abord responsable de la communauté de Wolxheim pendant deux ans puis responsable de la communauté de Saverne pour onze ans. Après qu’il rejoignit à nouveau la communauté de Wolxheim, mais cette fois-ci pour y rester comme résident pour sa retraite.

Ce que je retiens de sa vie, ce sera surtout son action pastorale à Madagascar qui a toujours été marqué par une grande proximité avec les gens, avec leur histoire, avec leur vie de tous les jours. Garder le lien avec ces personnes était une autre composante de sa personne : non seulement, il entretenait une correspondance impressionnante avec ses amis et ses proches, mais il se rappelait aussi de leurs noms et de leurs liens de famille. Sa curiosité dans ce domaine n’avait pas de limites. Enfin, il n’y a pas à oublier sa passion pour la nature : partout où il passait, il plantait des arbres : des manguiers et des anacardiers à Madagascar et nombre de pommiers aussi à Saverne. Il m’a souvent laissé le soin de les arroser après. Enfin, pour terminer, je soulignerais aussi son sourire qu’il a su garder dans tous les problèmes de santé qu’il a eu ces derniers temps et sa paisible acceptation de sa souffrance. Je me permets de citer une phrase qu’il a envoyée à ses proches sur sa dernière lettre circulaire de décembre où il cite les mots du pape François qui parle de saint Joseph : « Joseph nous enseigne ainsi qu’avoir foi en Dieu comprend également le fait de croire qu’il peut agir à travers nos peurs, nos fragilités, notre faiblesse. Et il nous enseigne que, dans les tempêtes de la vie, nous ne devons pas craindre de laisser à Dieu le gouvernail de notre bateau. Parfois, nous voudrions tout contrôler, mais lui regarde toujours plus loin. » Merci d’avoir su diriger notre regard vers cet au-delà que nous attendons tous. Veloma ry havako !             

Jean Paul OTT, CSSp

Ces propos sont recueillis par Nantenaina Fifaliana Nambininjanahary, CSSp.

2 commentaires

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