PREMIÈRE ÉVANGÉLISATION

Au cours de son histoire, les Spiritains ont toujours eu comme premier souci d’aller annoncer la Bonne Nouvelle aux peuples qui n’ont pas encore été évangélisés. Quand Poullart a fondé le Séminaire du Saint-Esprit, sa première préoccupation était, d’abord, d’évangéliser la France rurale et d`organiser les œuvres de la mission. Il voulait que « les prêtres formés par ses soins fussent des pasteurs au vrai sens du terme : de bons bergers et non des mercenaires »[1]. Koren rajoute en citant Charles Besnard que « soixante ans après la mort du fondateur : (les Spiritains constituent) comme un corps de troupes auxiliaires, prêt à se porter partout où il y a à travailler (…) se dévouant de préférence à l’œuvre des missions, soit étrangères ; soit nationales, s’offrant pour aller résider dans les lieux les plus pauvres et les plus abandonnés »[2].

La route vers une petite communauté ecclésiale en Brousse pendant les tournés

[1]H. KOREN, Les Spiritains, Trois siècles d’histoires religieuse et missionnaire, trad. Par J. BOUCHAUD et A. CRACH, Beauchesne, p. 27.

[2] Idem.


Bien que plus de la moitié de la population malagasy sont aujourd’hui chrétien, Madagascar reste encore dans un état de première évangélisation, car l’Evangile n’a pas encore des racines profondes dans l’ensemble. Actuellement, nous avons 2 communautés dans les Missions de brousse : Bienheureux Jacques Désiré Laval, sur la Côte Est dans le diocèse de Fenerive-Est et Saint-Joseph Mampikony dans le diocèse de Port Bergé. Nous avons aussi 3 communautés paroissiales dans les villes : la paroisse Victoire Rasoamanarivo de Diégo, la paroisse du St Esprit à Mahajanga et la Paroisse Sainte Marie Mère de Dieu Mandroseza dans le diocèse d’Antananarivo.

Célébration eucharistique en Brousse à Mampikony
Une Eglise de Brousse de la Mission de Fénérive-Est

Le travail missionnaire à Madagascar est très particulier, vu la topographie du pays. Dans certaines missions, le travail en brousse prend beaucoup de temps: des tournées de 3 à 4 semaines dans des régions montagneuses où le seul moyen de locomotion est la marche à pieds sur des pistes de terre rouge.

En Brousse, des catéchistes, de vrais piliers de la communauté, sont très importants. Il faut ajouter a cela les inspecteurs qui font un travail formidable, travail de courroie avec les prêtres de la mission. Aussi, le vrai travail d’animation est assuré par les catéchistes sur place: catéchèse, formation des catéchumènes, préparation au baptême et au mariage, liturgie dominicale, etc. Les communautés de brousse continuent à grandir. La population augmente et les Chrétiens deviennent plus nombreux.

Les Spiritains ne se contentent pas seulement d’annoncer l’évangile aux coins les plus réculés de Madagascar, mais ils s’engagent également pour la justice et la paix, ils s’engaent pour le développement et la libération des peuples. Cela consiste à défendre le droit et la dignité de l’homme, à lutter contre toutes sortes de dominations que subit l’homme, et à promouvoir le développement intégral de l’homme. Ainsi, dans chaque mission ténue par les spiritains, les confrères s’engagent à promouvoir une pastorale sociale en syntonie avec la doctrine sociale de l’Eglise. La formation des laïcs est une des priorités du travail des Spiritains travaillant en paroisse : mouvements, catéchuménat, formation permanente.

La visite d’une communauté ecclésiale de Brousse Amboditsakoma par les Pères Emmanuel et Boniface